vendredi 20 juillet 2012

Le Roi Peste d' Edgar Allan Poe -Traduction de Baudelaire.

Londres, au temps d'Edouard III, (1312-1377), une nuit d'octobre, vers minuit, deux matelots ivres se retrouvent dans une taverne. Ils ont l'air de caricatures: l'un est très grand et  maigre. On l'appelle Legs.  L'autre, Hugh Tarpaulin,  est petit et trapu. Après avoir bu suffisamment de bière, ils s'enfuient sans payer, poursuivis par la tavernière. La ville est depuis longtemps dépeuplée par la Peste et l'accès au  quartier de la Tamise est  interdit  pour cette raison et réservé aux entrepôts d'alcool. Lorsque les deux compères se trouvent acculés devant les barrières qui en interdisent l'entrée, ils n'hésitent pas à les franchir  et  se retrouvent en plein cauchemar. 
S'ils n'avaient pas été ivres au point d'avoir perdu le sens moral, leurs pas vacillants eussent été paralysés par les horreurs de leur situation. ... Quand il leur fallait faire un effort énergique pour se pratiquer un passage à travers les fréquents monceaux de gravats, il n'était pas rare que leur main tombe sur un squelette ou s'empêtrât dans les chairs décomposées. 
 Bientôt cependant ils entrent dans la salle bruyante d'une entreprise de pompes funèbres où est dressée en abondance une table pleine de mets et de boissons de toutes sortes. Tout autour siégent six personnes
La description qu'en fait l'auteur est celle d' un vrai musée des horreurs. 
Chacune de ces personnes  est plus difforme et monstrueuse  que l'autre mais ce qui les distingue toutes, c'est leur  prétention à la dignité et au mérite. Leur vanité et leur insouciance sont immenses. Autour d'eux ... des crânes et des squelettes,  plus tout l'attirail d'un magasin de sépultures. 
Les deux matelots pourtant, s'ils s'étonnent de la scène, ne s'en effraient pas. Ils éclatent de rire et demandent des explications que l'homme en bout de table s'empresse de leur donner.
 Il se présente comme le roi Peste Ier entouré de toute sa famille et s'occupant à trouver le moyen d'améliorer le service de leur souverain suprême: La Mort. 
 La fin semble limpide! Méfiance!  C'est une énorme bouffonnerie  que je n'avais pas vue venir! 

Mes impressions: Je n'avais pas du tout prévu de relire Poe mais la lecture de cette Nouvelle Histoire extraordinaire  en était faite dans l'émission "Voyage au bout de la nuit" et je l'ai relue ensuite en accès libre  ICI
Je dois bien reconnaître que je ne me rappelais plus du tout de cette sorte d'histoire loufoque, signe qu'elle ne m'avait pas beaucoup marquée. L'entendre lire  était agréable cependant. Je n'ai pas écouté le début mais je suis arrivée au moment de la description des corps morts partout dans les rues. J'ai cru d'abord qu'on lisait le texte de Giono qui m'a tant marqué: "Le hussard sur le toit" où le héros à cheval erre lui aussi dans une ville où l'on meurt du choléra, puis j'ai pensé qu'il s'agissait peut-être d'un passage de "La Peste" de Camus que je ne reconnaissais pas, mais non, c'était d'Edgard Poe. C'est une nouvelle courte et on ne sait rien des personnages que ce qui nous est décrit ici. Ils n'ont ni passé, ni futur ... 
Depuis, on a vu pire en vision d'horreurs! 
Le Roi Peste d' Edgar Allan Poe. 1835,  ( Boston 1809 -Baltimore 1849)  Nouvelles Histoires extraordinaires. Traduction par Charles Baudelaire.


L'auteur. Né à Boston en 1809, il perd très tôt ses parents. Élevé par un oncle et une tante, en Virginie, il s'installe définitivement ensuite à Baltimore près de sa famille paternelle. En 1835, à 27 ans  il épouse sa cousine de 13 ans. En 1844, il part à New York où il écrit pour son propre journal. En 1845, il connaît enfin le succès avec "Le corbeau" mais sa femme meurt de tuberculose. En 1849, Poe meurt à  40 ans, à Baltimore.
Baudelaire et Mallarmé ont contribué à le faire connaître. Apprécié surtout pour ses contes, il est aussi l'un des premiers auteurs de romans policiers. Longtemps  poète maudit, c'est un  précurseur du surréalisme et de la littérature fantastique.
(Maison de Poe à Baltimore où il écrivit cette nouvelle.)

9 commentaires:

  1. Je ne me sens pas d'attaque pour relire Poe, qui m'avait tétanisée de peur dans ma jeunesse.

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    1. Je ne le relis qu'à doses homéopathiques

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  2. Un des livres empilés près de mon lit ;))

    Et un petit salut amical au passage !

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    1. Bon dimanche Ötli! Poe est un incontournable mais que je ne lis qu'au compte-gouttes.

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  3. Je garde aussi un très mauvais souvenir de Poe. Je devrais peut-e^tre le relire. Par contre, j'avais adoré Le hussard sur le toit.

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    1. "Le hussard sur le toit" est aussi pour moi un excellent souvenir. Je le relirais bien volontiers!

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  4. Je ne l'ai lu qu'une fois (un recueil de nouvelles) quand j'étais ado, mais j'avais plutôt aimé .. il faudrait que je le relise. Par contre petite coquille dans ton article, il est mort en 1849 et non 1949 ;-))

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  5. Je prends ton lien ! Je suis tombée chez toi par le plus grand des hasards !

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